Petit abrégé du connectivisme

Combien de temps passe-t-on à naviguer sur internet par jour? À lire les commentaires de nos amis sur Facebook? À lire nos courriels et à y répondre? À chercher une information quelconque sur Google? Je ne tiens pas un décompte exacte des minutes que j’accorde à ces activités, mais je suis présente sur la toile à chaque jour et du temps devant mon ordinateur, j’en passe! La question légitime à se poser est : « est-ce du temps perdu ou du temps investi? » La réponse à cette question prend tout son sens avec la théorie de l’apprentissage qu’est le connectivisme…

Il y a cinq éléments à la base de toute théorie de l’apprentissage (Siemens, 2008):

  1. Nous avons besoin d’externaliser nos idées afin de leur trouver un sens. Le langage, l’art et plusieurs autres artéfacts nous permettent de nous exprimer aux autres et de tester notre compréhension.
  2. Nous avons besoin de structure et d’encadrement afin de donner un sens à nos idées. Ces structures, théories, concepts ou philosophies existent afin de prévenir une paralysie qui serait due à l’abondance d’informations.
  3. Nous avons besoin de socialiser et de débattre de nos idées. Nos idées se forment et sont influencées par nos échanges et dialogues avec les autres.
  4. Nous avons un esprit modélisé. Notre esprit est formé à noter, à reconnaître et à créer des modèles à partir de situations complexes. Par exemple, la reconnaissance d’un visage humain requiert une utilisation complexe du système cérébral.
  5. Nous avons un désir d’étendre notre humanité à l’aide de la technologie. Afin de dépasser les limites dues à notre physiologie humaine, nous développons des technologies. Par exemple, l’invention de la roue nous a permis de nous déplacer plus rapidement…

Il existe diverses théories de l’apprentissage telles le cognitivisme, le constructivisme et le behaviorisme. Ce qui diffère d’une théorie à l’autre, c’est la conception de ce qu’est « apprendre ».  Pour le behavioriste, le processus interne d’apprentissage est incompréhensible (théorie de la boite noire). Nous ne pouvons comprendre ce qui se passe à l’intérieur de la personne, seul le comportement observable est important (Gredler, 2005). Pour le cognitiviste, l’apprentissage est considéré comme un processus d’entrée de données dans la mémoire à court terme qui doivent être encodées dans la mémoire à long terme. Les connaissances y sont des construits mentaux dans la mémoire de l’apprenant (Buell). Les behavioristes et les cognitivistes considèrent que les connaissances sont externes à la personne et que le fait d’apprendre correspond à l’action d’intérioriser les connaissances. Les constructivistes, quant à eux, suggèrent que les apprenants créent les connaissances dans leurs efforts pour comprendre leurs expériences (Driscoll, 2000). Ainsi, les apprenants tentent activement de donner une signification aux connaissances (to create meaning) et l’apprentissage est un processus social.

Pourquoi une nouvelle théorie de l’apprentissage? Georges Siemens, le théoricien derrière l’idée du connectiviste vous dirait que les principales théories énoncées précédemment ont leurs limites, mais également que l’avancement technologique des dernières années nous amène à redéfinir notre manière d’apprendre…

Ce qu’est le connectivisme:

Pour le connectiviste, » l’apprentissage est un processus qui se produit dans des environnements flous composés d’éléments de base changeants, et qui n’est pas entièrement sous le contrôle de l’individu. L’apprentissage peut résider en dehors de l’individu (au sein d’une organisation ou une base de données), et se concentre sur la connexion d’ensembles d’informations spécialisées. Les liens qui permettent d’apprendre davantage sont plus importants que l’état actuel de notre connaissance » (Siemens, 2005). La production de connaissances s’exerce par le biais de connexions qui se produisent simultanément dans le cerveau de l’apprenant (réseau neuronal), entre l’apprenant et des supports d’apprentissage (réseau conceptuel), et entre l’apprenants et d’autres individus (réseau social). « Cet état de connexion généralisée est un processus d’apprentissage en lui-même, qui s’accommode difficilement de parcours linéaires, de transmission unilatérale de savoirs et de mémorisation à partir d’un corpus de références limité et prédéterminé » (Vaudreuil, 2011). Le connectivisme est motivé par la compréhension du fait que les prises de décision sont fondées sur des bases qui se modifient rapidement. De nouvelles informations sont constamment acquises. La capacité d’établir des distinctions entre l’information importante et sans importance est vitale. La capacité de reconnaître quand de nouvelles informations modifient le paysage en fonction des décisions prises hier est également critique.

Ainsi, pour naviguer dans le chaos informationnel qu’est l’internet, l’apprenant modélise ses apprentissages par la création de connexions à l’intérieur de réseaux. Alors… Est-ce que je perds mon temps devant mon écran d’ordinateur? Non, j’apprends! Tout comme vous qui venez de lire cet article. Vous ne retiendrez sans doute que quelques informations de votre lecture, mais si vous vous souvenez comment retrouver cet article, vous avez créé une connexion (ou un lien) qui vous permet d’apprendre davantage. Voilà ce que dit la théorie du connectivisme… l’apprentissage ne réside pas nécessairement dans l’apprenant… la manière de retrouver l’information est aussi importante que l’information elle-même.

The pipe is more important than what is inside the pipe!

Références

Buell, C. (non daté). Cognitivism. Récupéré le 18 février 2011 de http://web.cocc.edu/cbuell/theories/cognitivsm.htm

Driscoll. M. (2000). Psychology of learning for instruction. Needham Heights, MA: Allyn & Bacon.

Gredler, M.E. (2005). Learning and instruction: Theory into practice – 5e edition. Upper Saddler River, NJ: Pearson Education.

Siemens, G. (2005). Connectivism: A learning theory for the digital age. International Journal of Instructional Technology and Distance Learning. 2(1), 3-10.

Siemens, G. (2008). Defining connectivism. Cours en ligne offert dans le cadre du CCK11: Connectivism and connective knowledge. Récupéré le 13 février 2011 de http://elearnspace.org/media/WhatIsConnectivism/player.html

Vaudreuil, C. (2011). Le connectivisme, ou le lien comme principe de base d’apprentissage. Récupéré le 18 février 2011 de http://blog.educpros.fr/christine-vaufrey/2011/02/03/le-connectivisme-ou-le-lien-comme-principe-de-base-d%E2%80%99apprentissage-cck111/

Partager:
  • Print
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • Live
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Blogplay
  • RSS

Tags: , ,

Pour une éthique du média social

L’information abonde. L’information circule. Il n’en a pas toujours été ainsi. Avec l’arrivée et le déploiement d’internet, la manière de concevoir l’information, de la partager et de l’interpréter a changé. Quelles sont les conséquences de cette circulation de l’information? Quelles sont les droits et devoirs des consommateurs d’information? Comment les infirmières réagissent-t-elles ou devraient-elles réagir à ce phénomène? Voilà des questions que les internautes doivent se poser, voilà que se développe l’éthique du média social…

Le média est défini comme étant un moyen de diffusion d’informations. Traditionnellement, les médias permettaient de diffuser une information vers un grand nombre d’individus, généralement sans possibilité de personnalisation du message. C’est la raison pour laquelle on parle dans ce cas de média de masse. Tels sont la presse écrite, la radio ou encore la télévision.

Selon Wikipédia : « L’expression « média social » recouvre les différentes activités qui intègrent la technologie, l’interaction sociale, et la création de contenu ». Selon Kaplan et Haenlein (2010) les médias sociaux sont  « un groupe d’applications en ligne qui se fondent sur l’idéologie et la technique du Web 2.0 et permettent la création et l’échange de contenu généré par les utilisateurs ».  Par le biais de ces moyens de communication sociale, des individus ou des groupes d’individus qui collaborent créent ensemble du contenu Web, organisent le contenu, l’indexent, le modifient ou font des commentaires, le combinent avec des créations personnelles. Les exemples des applications sociales de médias sont des groupes de Google (référence, gestion de réseau social), Wikipedia (référence), MySpace (gestion de réseau social), Facebook (gestion de réseau social), de Last.fm (partage de musique), YouTube (gestion de réseau sociale et vidéo partageant), MyHeritage (gestion de réseau familiale), des avatars unis (gestion de réseau sociale), deuxième vie (réalité virtuelle), Flickr (photo partagées), Twitter (gestion de réseau social et microblogging) et d’autres microblogs tels que Jaiku et Pownce (tiré de Wikipédia).

Chacune de ces applications de médias sociaux renferme une quantité astronomique d’informations de toute sorte. Ce n’est pas tellement la quantité que la qualité des informations qui circulent qui devrait nous préoccuper. Tout y passe, de ce que mon ami a mangé au petit déjeuner à la recherche d’êtres chers dont nous sommes sans nouvelle. Certes, la collaboration et la solidarité sont au rendez-vous, mais qu’en est-il de la pudeur? Est-il justifié ou justifiable de partager tout type d’information? Les récents événements concernant une compagnie d’assurances ayant refusée d’indemniser une cliente supposément en dépression sur le fait que des photos de ladite cliente en voyage dans le sud circulait sur Facebook, est certainement un bon exemple déclencheur de nombreuses interrogations sur le sujet.

Les entreprises ont également compris les nombreux avantages reliés à l’utilisation du média social. De la publicité à rabais aux réseaux de contacts d’affaire, les entreprises ont appris à utiliser les médias sociaux à leur profit. Malheureusement, les internautes  ignorent souvent qu’elles sont derrière nombre d’informations qui circulent sur la toile sans y être identifiées. Lorsqu’une publicité de McDonald passe à la télévision, tout le monde comprend qu’ils veulent vendre leur produit. Or, lorsqu’un nouveau groupe facebook nommé : « Pour ceux et celles qui aiment se taper un bon Big Mac après la partie de hockey » apparaît, personne ne sait que McDonald vient de s’offrir une publicité gratuite, qui plus est, fonctionne très bien. Même si une loi obligeait les entreprises à s’identifier dans ce type de publicité, il serait probablement impossible de retracer les délatrices. Est-il utopique d’envisager la véracité publicitaires des entreprises?

Si je doute fortement du bon vouloir des entreprises, je crois fortement en l’établissement d’une éthique du média social. Plusieurs parlent d’éthique en lien avec la responsabilité des entreprises, mais je pense plutôt que l’éthique devrait concerner l’utilisateur. Le seul à pouvoir être juge de l’information qui circule, c’est l’utilisateur. À chaque information partagée, à chaque clique fait, l’utilisateur devrait se questionner sur la portée de son geste. Les internautes devraient juger la validité de l’information qu’ils transmettent, car se faisant, ils acceptent inconditionnellement d’endosser ce qu’ils ont publié.

En tant que professionnelles de la santé, les infirmières ont tout intérêt à considérer l’éthique du média social. Oui, il y a un code de déontologie qui nous dicte des valeurs et des normes quant à la confidentialité et au secret professionnel. Cependant, tout comme les entreprises, les infirmières  ne s’identifient pas toujours lorsqu’elles partagent de l’information sur la toile et dans certains cas se croient à l’abri de par l’utilisation d’un nom d’utilisateur.  Certes, il serait difficile encore une fois de retracer les délatrices.Alors ce qu’il faut avant tout, c’est conscientiser les infirmières sur l’éthique des médias sociaux. Dans les cours de formation infirmière, les étudiantes apprennent  à reconnaître et juger les sources d’information provenant d’internet. Maintenant, il faudra leur apprendre à filtrer l’information qu’elles publient, car même si elles ne partagent pas l’information depuis leur milieu de travail, elles sont toujours des infirmières professionnelles et elles doivent savoir qu’elles endossent l’information publiée toujours à ce titre…

Karine Mercier

Référence

Kaplan Andreas M., Haenlein Michael, (2010), Users of the world, unite! The challenges and opportunities of social media, Business Horizons, Vol. 53, Issue 1

Partager:
  • Print
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • Live
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Blogplay
  • RSS

Tags: , , ,

Pour ou contre une politique du care ?

Dans notre société occidentale, le care a été traditionnellement attribué à la femme. Elle prend soin des enfants, des aînés autant que des malades et des plus démunis. En lisant ces quelques lignes, chaque lecteur à plus ou moins sa définition de ce qu’est le care, ce qui n’a rien d’étonnant puisque de nombreuses définitions et conceptions du care existent dans la littérature. De plus, on n’a pas besoin de lire une définition du care pour se faire une idée de ce qu’il est puisqu’il est présent dans la sphère privée, c’est-à-dire dans chaque famille, dans chaque relation voir même dans chaque personne. Néanmoins, il importe de clarifier le concept du care pour répondre à la question de la nécessité d’une politique du care.

A priori, le care se traduit de différentes manières. Soin, souci, sollicitude, dévouement sont autant de traductions présentent dans la littérature. À chaque terme correspond une certaine tangente qu’elle soit plutôt du domaine de la cognition, de l’affection, du travail ou de l’éthique.  Ce qu’il faut principalement comprendre, c’est qu’au-delà de la traduction, il y a un concept complexe qui reste à définir. Auparavant, le care était l’apparat des femmes, travaillant à la maison, prenant soin de. De nos jours, il faut voir le care avec plus de recul, la femme n’étant plus limitée à son rôle de mère et d’épouse. Qui s’occupe alors du care dans une société ou les femmes n’en sont plus les seules responsables ? Le care a quitté la sphère privée pour la sphère sociale. Il doit maintenant être définit en fonction du fait qu’il occupe une place dans notre société, qu’il existe dans un contexte politique et éthique. Si le care n’est plus qu’une activité de la vie domestique, il devient alors primordial de la définir pour tous ces travailleurs (es) qui doivent dans leurs fonctions sociales faire du care.

La définition donnée par Tronto (1993, citée dans Garrau, 2008) montre la nécessité de joindre une perspective sociologique et politique au care. Le care est  » une activité caractéristique de l’espèce humaine, qui recouvre tout ce que nous faisons dans le but de maintenir, de perpétuer et de réparer notre monde, afin que nous puissions y vivre aussi bien que possible (Tronto, 1995, citée dans Garrau, 2008).  Tronto précise également les quatre phases  consécutives du processus du care comme étant : se soucier de, s’occuper de, prendre soin de et être l’objet de soin. Une autre définition, celle de Bubek (2002, citée dans Garrau, 2008) décrit l’activité du care comme étant  » la satisfaction des besoins d’une personne par une autre, dans le cadre de l’interaction en face-à-face entre le donneur de care et le bénéficiaire de care, et où le besoin est tel qu’il ne peut être satisfait par la personne elle-même.  La définition de Bubek a l’avantage d’être plus circonscrite dans la relation humaine, mais elle est limitée par son caractére comblatif d’un besoin. Néanmoins, l’idée générale qui ressort de ces définitions est l’activité faite dans le but d’améliorer une condition ou de combler un besoin.

À la lumière de ces définitions, il est possible de comprendre que de nombreux professionnels font du care dans le cadre de leur travail. Les infirmières certes, en ont fait une concept central de leur profession, mais tous les professionnels de la santé et des services sociaux font du care à certain niveau. Cependant, le care de par sa nature relationnelle et charitable demeure toujours très attaché au caractère féminin. Pour lui redonner ses lettre de noblesses, les théoriciennes ont tenté de le professionnaliser. En tentant ce processus de professionnalisation, cette prise en charge du secteur public, le care est devenu un enjeu de justice sociale (Garrau, 2008). Le care devient alors un bien public, une responsabilité collective (Garrau, 2008).

En élaborant une politique du care, il devient impératif de définir les critères de répartition de cette nouvelle ressource. Le care pour combler les inégalités sociales. Qui aura droit au care et à partir de quels critères, quelle évaluation des besoins. Faut-il alors quantifier les handicaps ? Les troubles mentaux ? Les désordres physiques ? Comment peut-on concevoir une justice du care sur la base de l’autonomie des humains ? Comment se fier à la morale du genre humain pour définir l’attribution des ressources liées au care ? Voilà les problèmes qu’amène la politisation du care.

Nussbaum (2006, citée dans Garrau, 2008) a tenté de répondre à la question de la répartition des ressources du care  à l’aide du concept de capabilité. Selon elle, le concept de capabilité  » désigne d’abord un ensemble d’activités possibles pour un individu, déterminées tant par les potentialités subjectives que par des opportunités objectives. Les capabilités rendent compte de ce qu’un individu peut être et faire ». Les capabilités deviennent alors un minimum social garantit à chaque membre de la société (Garrau, 2008).

Quelle est la place à l’individualité dans ce concept ? Que devient le caractère unique de chaque individu ? Actuellement, nous ne vivons pas dans un monde égalitaire. Nous ne venons pas au monde égaux, certains sont malades ou en bonne santé, d’autres sont pauvres ou riches, d’autres sont garçons ou filles, noirs ou blancs… Devant la justice nous sommes tous égaux en droits peu importe notre statut social. Faire du care une politique, l’inscrire dans une Loi pour le rendre non seulement disponible à chacun, mais également accessible, revient à catégoriser, à quantifier les inégalités. En faisant du care une ressource pour tous, en admettant que l’État doive fournir à chacun le care qu’il requiert en fonction de ses capabilités, entraînera de faire ressortir les inégalités sociales existantes. Notre société dispose déjà d’un système d’assurances pour les médicaments, pour les soins de santé, d’un système de compensation pour les accidents de travail (CSST), pour les accidents de la route (SAAQ), pour les plus démunis (Bien-être social). Tous ces systèmes de régulation des richesses et des biens, des injustices et des malheurs ont amené la hiérarchisation des prestations et de l’attribution des ressources monétaires. Souhaitons-nous vraiment faire du care, ce care relationnel et profondément humain, un système hiérarchisé d’attribution des ressources basé sur les capabilités de l’individu ? Une politique du care serait, à mon avis, une grande erreur de société.

Nous avons déjà un système de santé, dans lequel les professionnels travaillent en considérant l’individu comme étant unique. Des professionnels de plusieurs champs d’activité qui font du care dans un cadre social… et tout cela… sans qu’on leur impose une politique du care et une soit disant qualité du care. Un gouvernement responsable saurait que mettre les ressources monétaires pour redorer le blason du care offert par les professionnels vaudrait cent fois le travail d’élaboration d’une politique du care. Il saurait reconnaître le savoir et le jugement des professionnels…

Karine Mercier

Référence:

Garrau, M. (2008). Care (éthiques et politiques du), in V. Bourdeau et r. Merrill, DicoPo, Dictionnaire de théorie politique. Récupéré le 5 décembre 2009 de http://www.dicopo.org/spip.php?article 101

Partager:
  • Print
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • Live
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Blogplay
  • RSS

Tags: ,

Pourquoi il n’y aura jamais une infirmière Ministre de la santé …

Le savoir émancipé est la capacité, non seulement de dénoter les injustices sociales, mais de les critiquer en cherchant à savoir pourquoi elles demeurent invisibles et d’identifier les changements requis afin de corriger les défauts de nos institutions sociales (Chinn & Kramer, 2008).  Jusqu’à tout récemment, mon savoir émancipé était voilé, certains diraient colonisés… Dans notre société occidentale subsiste des inégalités sociales en raison du pouvoir de certains groupes qui dominent  par leurs idéologies, leurs croyances et leur vision du monde. Cette vision du monde est souvent celle de l’homme, au masculin, ainsi que de la science empirique et de sa recherche de la vérité. On entend souvent dire que les pauvres s’appauvrissent au profit des plus riches… que les femmes, à travail égal, gagnent moins que les hommes… que les gaies sont tous séropositifs… C’est grâce au savoir émancipé qu’il est possible de réaliser qu’il y a quelque chose qui ne va pas et que l’amélioration par le changement est possible.

Dans notre système de santé, le groupe dominant est bien évidemment celui des médecins. De par les pouvoirs que la Loi leur accorde, les médecins sont les maîtres d’œuvre de l’administration de la santé. Leur dominance est telle que le modèle médical est omniprésent dans les soins donnés aux patients. Le « cure » a véritablement le dessus sur le « care ». Dans les différentes écoles de soins infirmiers, les étudiantes apprennent à soigner avec une vision holistique de patient. Que ce soit selon la théorie du caring ou le modèle McGill, les infirmières ont leur manière de faire les soins, une manière humaine et empathique. Or, dès que nos chères étudiantes débutent leur pratique professionnelle, elles sont dominées par le modèle médical en place dans nos établissements de santé. Non seulement elles ne considèrent pas leur savoir comme étant unique et nécessaire aux soins, mais elles le dénigrent en pensant que leur valeur, que la qualité de leur travail, dépend principalement de leur capacité à faire les actes médicaux prescrits. Elles sont colonisées…

Qui sont les infirmières ? Majoritairement des femmes, des mères, des employés de l’État. Elles sont formées dans des écoles qui prônent un modèle de soins infirmiers, quel qu’il soit. Elles sont subordonnées aux décisions des médecins et doivent travailler en collaboration avec de nombreux autres professionnels de la santé. Elles sont au service du patient, présentes 24 heures par jour pour répondre aux besoins de la population. Nous pouvons décider d’accepter cette situation ou nous servir de notre savoir émancipé et commencer à la questionner. En relisant la description de l’infirmière, je me questionne à savoir quel avantage il y a à être infirmière…

D’autres que moi se sont posées cette question. D’autres ont trouvé des solutions. D’autres se sont regroupées et ont publié un manifeste pour que le statu quo dans lequel nous pratiquons noter profession change. Le saviez-vous ? Que ce soit dans un mouvement féministe ou dans une perspective émancipatrice, des personnes de groupes dominés essayent de faire avancer les mentalités, de faire évoluer la société vers un système plus égalitaire. L’aviez-vous remarqué ?

Nous n’entendons pas un tel discours sur la place publique. Le langage utilisé par nos dirigeants et par la population en général construit une réalité qui crée le déséquilibre du pouvoir et qui cherche à maintenir le statu quo. Pourquoi il n’y aura jamais une infirmière à la tête du Ministère de la santé ? Cela ouvrirait la porte à la libération des infirmières du modèle médical. Cela créerait une ouverture à la souveraineté de notre profession. En maintenant le discours patriarcal prônant un pouvoir empirique, les dirigeants s’assurent que notre savoir émancipé demeure discret…

Imaginez un hôpital où les dirigeants seraient des infirmières, où le care serait plus important que le cure… Il est important que les infirmières commencent à faire un examen critique de leur réalité (Fletcher, 2006). Il faut prendre le risque de questionner le statu quo afin de sortir de l’oppression.

Karine Mercier

Références:

Chinn, P.L. & Kramer, M.K. (2008). Emancipatory knowledge development. Dans P.L. Chinn et M.K. Kramer (Éds), Integrated theory and knowledge development in nursing. St-Louis : Mosby.

Fletcher, K. (2006). Beyond dualism: Leading out of oppression, Nursin Forum 41, 50-59.

Partager:
  • Print
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • Live
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Blogplay
  • RSS

Tags: , , , ,

À la rencontre de Françoise David

St-Hyacinthe 29 novembre, une conférence de Françoise David est annoncée dans le journal local. Mon questionnement à l’égard du féminisme politique et ma curiosité envers ce nouveau parti qu’est Québec solidaire ont eu raison de mon dimanche après-midi… Qu’y avait-il d’intéressant ? Quelles sont mes impressions de cette rencontre ? Quelle est ma réflexion face à la politique ? Voilà ce dont je parlerai…

Françoise David est une personnalité publique de plus en plus connue, je m’attendais alors à me retrouver dans une salle bondée de curieux, de partisans, voir même d’opposants politiques… Et non, la conférence avait lieu dans un petit bar de St-Hyacinthe rempli de marginaux, d’exclus, de discriminés et de femmes ! La présentation fut intéressante, on énonça les faits et gestes du parti dans la dernière année  de même que les plans pour les 3 prochainces années. Cela m’a permi de connaître le parti et de commencer ma réflexion sur ma propre position politique.

Québec solidaire mise sur la démocratie avant tout. Sont-ils pour un Québec souverain ? autonome ? indépendant ? Le peuple décidera… Quelle est leur définition de la laïcité ? Le peuple l’écrira… Comment devons-nous gérer la crise écologique ? À vous de nous le dire… Je ne dis pas qu’ils n’ont aucune position, mais bien qu’ils sont à l’écoute de la majorité. Le message était clair, nous sommes à bâtir notre programme et nous consultons la population pour connaître sa position. Il y a un site internet où les gens peuvent aller consulter les idées déjà émises et participer à l’élaboration du programme… Voilà l’intelligence de ce parti.

Néanmoins, cette rencontre m’a laissé perplexe.  J’appuie plusieurs des idées présentées par Françoise David, quoique pour certaines, je ne sois pas encore convaincue. Ce qui me hante à l’heure actuelle, c’est la partisanerie. Suis-je prête à me déclarer partisane de Québec Solidaire ? Considérant le fait que je partage la vision du parti et l’esprit de lutte aux inégalités sociales, je devrais militer. Je constate que mon questionnement va encore plus loin : pourquoi est-il difficile d’avouer publiquement  une appartenance politique ? Je crains que de parler de politique au Québec ne soit en quelques sortes un tabou. Je ne vous direz pas pour qui j’ai voté aux élections de peur de devoir me justifier. Je ne vous direz pas en quel parti je crois de peur d’être « cataloguée ». Non vraiment, la politique n’est pas populaire. On ne discute pas de politique, on n’avoue pas nos allégeances… On veut juste être normal ! On ne veut pas déranger. On laisse les autres s’en occuper, car de toutes manières, un parti ou un autre, c’est du pareil au même…

J’aimerais trouver un moyen de réveiller la classe moyenne, les femmes, les minorités… Toutes ces personnes qui représentent la majorité de notre population… Une majorité qui se fait gouverner par une minorité riche et bourgeoise, par une élite intellectuelle. Il faudra bien un jour que la population réalise le pouvoir de son nombre, qu’elle cesse de renier la politique. Je ne suis pas pour un retour au militantisme des années 70, néanmoins, je crois fortement au pouvoir du média social… Voilà pourquoi je vous invite à réfléchir à ce que vous pouvez faire pour forger un Québec à votre image. Pour la première fois dans ma jeune vie, je vois un parti qui me demande ce qui serait le mieux pour la population. Je serais bien innocente de ne pas répondre à l’appel. Je serais bien stupide de renier ma prise de position. Je serais bien inconsciente de ne pas vous en parler…

Partager:
  • Print
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • Live
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Blogplay
  • RSS

Tags: , ,

Réponse à l’article de Christian Rioux du journal Le Devoir

Vous pouvez consulter l’article de Christian Rioux intitulé : « De Gutenberg au papyrus » paru le 23 octobre 2009 dans le journal Le Devoir

En résumé, M. Rioux énonce que l’engouement pour les nouvelles technologies électroniques est une mode qui va passer. Ce texte a été écrit suite à l’arrivée éminente des livres électroniques tel le Kindle. Il énonce que le mot technologie est utilisé à tord pour désigner en fait une technique. Par la suite, il déconstruit l’idée que le livre électronique va éventuellement remplacer les bons vieux livres en papier… Il énonce entre autres que les livres et les magasines sont faciles à consulter, qu’il les garde ouverts sur sa table de travail et qu’en un instant, il peut comparer des extraits de ces documents. Il ne s’imagine pas trainer dans la poche de son veston un petit gadget électronique à 400$ qui remplacerait son petit livre de poche (ironique). Il est sceptique quant au fait que nous soyons dans une révolution technologique et il conclut en admettant que : « Le livre électronique est au livre de papier ce que le four micro-ondes est à la cuisinière. Une invention tout juste bonne à décongeler des plats préparés. »

Voici ma réponse à M. Rioux :

Contre le progrès ?
« J’aime bien votre analogie entre le micro-onde et le livre électronique. Cependant, je ne partage pas votre appréciation de ces technologies (ou plutôt techniques). Je connais bien des personnes pour qui la cuisinière est tout à fait obsolète ! Par contre, ce sont des pros du micro-onde. Je n’avance pas qu’il est possible de tout faire en cuisine uniquement à l’aide du micro-onde, mais bien qu’une génération de jeunes utilise à profusion cette technologie pour se nourrir. Il en est de même pour les technologies informatiques. J’étudie au doctorat et je dois consulter de nombreux articles scientifiques, rédiger des textes hebdomadairement et lire les nouvelles quotidiennement… Sans les périodiques électroniques, les dictionnaires sur le web et les journaux en ligne… ma vie serait bien plus compliquée. Au confort dans ma petite banlieue, j’ai accès à un nombre incroyable de ressources. Je n’ai pas à me déplacer pour me rendre à Montréal, ce qui signifie aucune perte de temps reliée au transport et aucune émission de gaz carbonique. De plus, dans mon fureteur internet, je garde ouvert tous les textes que je consulte, les outils d’aide à la rédaction et mon accès au micro-blogue (i.e. facebook, twitter) pour être constamment renseignée sur les nouvelles d’actualité. Vous comprendrez que ma table de travail est bien ordonnée et que je ne me perds pas dans la paperasse.
Non vraiment, je félicite l’arrivée des documents électroniques et j’encourage les éditeurs à poursuivre le processus de numérisation des œuvres littéraires. Si à vos yeux il ne s’agit pas d’une révolution, alors donnez-moi votre définition d’une révolution… »

Karine Mercier
Étudiante au doctorat en sciences infirmières
Université de Montréal

Partager:
  • Print
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • Live
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Blogplay
  • RSS

Tags: , , ,

Le féminisme et la recherche

Un de mes professeurs nous a demandé de décrire en quelques mots les différentes vagues du féminisme et de réfléchir sur la possibilité de faire de la recherche dans ce courant de pensée. Je me suis dit que l’exercice était intéressant, mais au fond, je croyais que le mouvement féministe était plutôt révolu…

La différence entre les courants féministes pourrait s’inscrire dans la philosophie historiciste, non pas selon le sens donné à l’historicisme par Popper qui le définit comme une théorie de la prédiction de l’histoire, mais plutôt selon Troeltsch qui admet que : « ce n’est pas l’esprit humain qui, en façonnant ses pensées et ses valeurs, oriente l’histoire, mais le contexte historique qui les détermine (Bouton, 2004, p.254). » Ce que j’avance ici, c’est que le féminisme a été forgée par l’histoire des femmes dans le monde moderne. Dans la première vague, c’est le mouvement de libération de la femme qui domine. Je m’avance en admettant que le début de ce mouvement aurait peut-être lieu à partir de la convention de Seneca Falls en 1848, quoique les auteurs ne l’expriment pas réellement ainsi. Néanmoins, en Amérique, c’est à partir de ce moment que les femmes ont pris la parole au niveau politique. Ainsi, dans cette vague, il s’agit pour les femmes de principalement faire valoir leurs droits. Dans la deuxième vague, qui s’inscrit dans les années 60-80, j’ai l’impression que les femmes ont réussi à obtenir ce qu’elles voulaient au niveau politique, elles se sentent libérées. De cette confiance en un meilleur avenir, naît un mouvement féministe plus radical. La position féministe est la bonne, elle vaudrait même mieux que celle des hommes. Mais une fois que les féministes combattantes ont obtenu leurs revendications… que reste-t-il à revendiquer ? J’avais bien l’impression que la place sociale qu’occupe les femmes d’aujourd’hui, en occident, avait éteint le mouvement féministe. J’ai pris conscience du fait que le mouvement a évolué certes, mais surtout qu’il y a encore beaucoup d’injustices à l’égard des femmes qui méritent qu’on y porte attention. L’idéologie féministe qui subsiste s’abreuve de la reconnaissance de l’unicité et de l’universalité de l’humain, homme ou femme, gai ou lesbienne, noir ou blanc. La bataille des inégalités qui était auparavant l’apparat des femmes, est devenue une bataille des inégalités sociales. On parle dès lors d’une troisième vague de féminisme, sans pour autant qu’elle ne s’intéresse qu’au militantisme féminin.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette troisième vague, mais je m’attarderai dans les quelques lignes qui suivent à expliquer mon questionnement envers l’utilisation du féminisme dans la science. Il y a effectivement de nombreux liens à faire entre le féminisme et la postmodernité. Entre autres, le refus de l’autorité, qui dans l’histoire de la science a toujours été représentée par la dominance masculine. La reconnaissance du métissage des différences et l’irréductibilité de l’autre sont également des caractéristiques communes aux deux courants. Comme je trouve déjà étrange de faire de la recherche dans un paradigme de postmodernité, la liaison du féminisme à ce paradigme n’apporte que plus de confusion à ma réflexion. En fait, ce qui me laisse perplexe avec le mouvement féministe, ce n’est pas autant l’épistémologie que la méthodologie d’un tel type de recherche. Je conçois qu’une vision féministe (de 3e vague) d’une situation, d’un contexte, d’une problématique est possible et sans aucun doute souhaitable. Ce que je trouve difficile, c’est l’absence de méthode ! Je ne suis pas certaine qu’il serait juste de chercher une méthode adéquate qui respecterait les principes du féminisme, mais sans méthode, comment faire de la recherche ? J’admets qu’il est possible de développer des idées (et non des connaissances proprement dit) dans une perspective postmoderne, mais quelles seront les moyens à utiliser pour exposer ces idées ? J’ai l’impression que la reconnaissance des différences fondamentales entre les humains amène la science dans un silo. Il en résultera que dans chaque situation unique, mais divergentes les unes des autres, le chercheur devra reconnaître l’unicité et la complexité de l’autre, tout autant que la sienne et qu’il nous racontera l’histoire de cette rencontre dans un livre exposant ses idées.

Karine Mercier
Étudiante au doctorat en sciences infirmières
Université de Montréal

Référence :
Bouton, C. (2004). Le procès de l’histoire, fondements et postérité de l’idéalisme historique.

Partager:
  • Print
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • Live
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Blogplay
  • RSS

Tags: , , ,

Réflexions suite au Congrès du CNIA

Les infirmières et la technologie

Pendant mon voyage de retour vers Montréal, vers ma famille, je réfléchis. Je pense à toutes ces infirmières engagées qui sont venues présenter leurs recherches, leurs intérêts envers les technologies en lien avec le travail de l’infirmière. Il y a tant à dire… tant à faire. J’ai la tête qui déborde d’idées.

Premièrement, il y a la communication, le social networking. Le monde change, nous ne sommes plus à l’ère informatique, ni à l’ère de l’information, nous sommes dans l’ère de l’interrelation. Les technologies servant à communiquer n’ont pas seulement modifié notre manière de trouver l’information, ni la manière de la recevoir. Non. Maintenant nous communiquons, nous entrons en relation via la technologie. Cela signifie créer des liens, partager des passions, des intérêts, des inquiétudes, des informations via un réseau d’utilisateurs. Les internautes sont là, sur la toile, à chercher, à attendre l’information voulue, la surprise ou la décadence. En publiant une vidéo qui suscite l’intérêt ou la controverse, une vie publique se révèle au créateur. Certains d’entres eux deviennent des vedettes et leur message est entendu par des millions d’internautes. Vous êtes victime d’une injustice et personne n’entend votre plainte… Publiez une vidéo humoristique et vous aurez l’attention de la presse. Voilà le pouvoir du réseau… Et les infirmières que pensent-elles de cette technologie ?

Deuxièmement, j’ai constaté que malheureusement, la population infirmière (et anglophone) du reste du Canada vit les mêmes frustrations que nous au Québec. Elles font le même constat désagréable concernant l’absence d’une voix infirmière dans les médias. Lorsque des questions de santé émergent dans les médias, les médecins prennent la parole à coup sûr. Pourtant ne sommes nous pas le plus grand groupe de professionnels de la santé à travers le Canada ? Les médecins sont-ils les seuls à s’occuper du système de santé ? Non, mais pourtant, ils sont les seuls à être cités et interroger publiquement. Il faut admettre, notre voie n’a pas de poids… voir peu d’importance. Cela est injuste. Les infirmières sont partout, dans la gestion des établissements de santé, dans les CSSS, dans des milieux de soins spécialisés, auprès des patients et même dans le secteur privé. Leur opinion devrait avoir de l’importance. Jai l’impression que nous ne sommes pas préparées à prendre la parole publiquement. Si souvent dans l’histoire de notre profession nous avons dû défendre notre savoir, notre science, notre discipline, notre recherche que nous craignons d’exposer notre pensée. Oui, nous sommes divisées sur certains sujets, par rapport à certains concepts, sur les méthodes de recherche que nous utilisons… Mais toutes les professions vivent cela. Par peur d’être rabrouées, d’exposer une idée qui ne ferait pas l’unanimité, nous ne parlons pas. À voir à quel point les infirmières se disent insatisfaites de leurs conditions de travail, je me demande s’il est vraiment mieux de se taire et d’endurer plutôt que de s’ouvrir et de travailler à faire entendre notre voix.

Enfin, j’ai été surprise de constater que bien des infirmières à travers le Canada ne possèdent tout simplement pas d’adresse courriel. Plusieurs disent que les infirmières sont difficiles à mobiliser, qu’elles ne s’impliquent pas dans les décisions de leur équipe, que même si elles parlent, on n’entend pas leur propos. N’est-il pas vrai que le nombre fait le pouvoir ? Plus nous sommes nombreux à rallier une cause, plus nous avons du pouvoir. Il est vrai qu’avec nos horaires de travail très variées, notre disponibilité 24/7/365, il est difficile, voir impossible de rallier toutes les infirmières. Du moins, cela était vrai avant l’arrivée de l’ère interrelationnelle. En fait, tout ce qu’il faut pour rejoindre tous les membres, c’est une adresse courriel ! Ah oui, c’est vrai, les infirmières n’ont pas d’adresse courriel ! Alors il faut revoir les choses. Le pouvoir aujourd’hui n’est pas uniquement lié au nombre d’individu, il est relié à la technologie, au social networking.

Je terminerai sur ce message : votre devoir est maintenant de contaminer vos collègues infirmières qui ne sont pas encore sur le réseau. Il faut pour faire entendre notre voix que les infirmières rejoignent le réseau, que chacune ait une adresse courriel. Si une personne qui a vécu une injustice peut changer sa situation en publiant un tout petit clip sur internet… Si UNE seule personne peut arriver à faire changer les choses via le réseau, imaginez ce que 70 000 infirmières pourraient faire…

Partager:
  • Print
  • email
  • Facebook
  • Twitter
  • Live
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Blogplay
  • RSS

Tags: , , , ,